Promis, nous ne sommes pour rien dans le déclenchement du coup d'Etat au Mali. La concomitance de l'évènement avec notre arrivée à Bamako n'est que pure coïncidence. N'empêche, nous quittions l'aéroport vers 17heures après avoir récupéré nos bagages. Vers 19/20 heures nous apprenions la fermeture de celui-ci. On a eu du bol. Rétrospectivement Françoise s'imaginait coincée à l'intérieur sans pouvoir allumer un clope. Vous imaginez ?
Plus sérieusement, nous sommes actuellement en sécurité chez nos amis Claire et Yamadou qui nous hébergent gentiment chez eux au sud de la ville. Nous y avons retrouvé notre copine Mariejo qui s'y trouve depuis un bon mois. Nous attendons que les choses se calment avant de traverser Bamako et Kati, deux points chauds, pour aller à N'Tonimba. Dans le quartier où nous sommes c'est plutôt calme. Durant la nuit de mercredi à jeudi et durant une partie de la journée d'hier nous entendions des tirs d'armes automatiques et de fusils provenant de la ville et de la colline de Koulouba où se trouve le palais présidentiel. Le couvre-feu est décrété et il est conseillé de ne pas sortir.
La nuit dernière a été calme. Alors qu'habituellement la ville de Bamako est très bruyante la nuit : circulation automobile, discussions sans fin dans les rues jusque très tard, brouhaha montant du centre-ville... Silence, rien, les gens restent chez eux. Ca fait drôle.
La cause de ces troubles ? Il semble que ce soit parti d'une mutinerie de jeunes officiers et sous-officiers reprochant au président, qui est aussi le chef des armées, son incompétence à gérer la crise provoquée par la rébellion touareg dans le nord du pays. Cette mutinerie couvait depuis mi-janvier lorsque 60 militaires maliens ont été assassinés sans aucune riposte de l'armée.
Cette mutinerie s'est transformée instantanément en « coup d'Etat » improvisé. Selon les infos dont nous disposons la junte n'a rallié aucun officier supérieur, elle n'est reconnue par aucune instance internationale. Par ailleurs, les commerces, les boutiques, les usines, les écoles,... sont fermés, le marché noir va bon train. Tout le monde attend la levée du couvre-feu mardi prochain.
En attendant on en profite pour se reposer. Que faire d'autre ?
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A plus tard.