Ani woula (le bonjour de l'après-midi).
Nous avons transporté nos pénates depuis samedi au Centre de Formation des Catéchistes de N'Tonimba à quelques encablures du village. Le prêtre responsable nous héberge dans l'une des chambres réservées aux voyageurs de passage. Confort austère certes mais l'avantage d'être à pied d'oeuvre. De plus l'air y est plus pur qu'à Bamako et le calme règne.
Samedi, vérification auprès de la banque que le virement effectué par Josette, la trésorière de l'association, est bien arrivé sur le compte que nous avons ouvert au Mali. Tout s'est bien passé.
Visite de courtoisie au médecin-chef du centre de santé qui a accordé en septembre son autorisation à la réalisation de notre projet. Il précise qu'il s'agit d'édifier une maternité rurale et que le recrutement de la matrone (sage-femme) revient au village. Il est souhaitable qu'elle habite au village, qu'elle y soit mariée, qu'elle ait elle-même des enfants et qu'elle ait reçu la formation adéquate. Cette perle rare existe-t-elle au village ?
Visite au maire élu de la commune de Kambila dont dépend N'Tonimba. La commune regroupe 15 villages sur un territoire de 429 km2 pour une population de 12 238 habitants (recensement 2004), probablement 20 000 aujourd'hui. Il nous assure de son soutien mais on sent poindre un « intérêt » certain. Méfiance.
Hier, réunion chez le sous-préfet où ce sentiment de méfiance vis-à-vis des « politiques » s'accroit encore. Françoise et moi sommes persuadés qu'ils vont chercher à capter à leur profit une part du gâteau que représente l'argent du projet. Ils nous prennent probablement pour une de ces grosses ONG étrangères, comme le Mali en regorge, dotées de budgets importants. Nous sommes bien décidés à ne pas les laisser faire. On nous conseille de laisser le chef du village et son conseil régler ce problème.
Nous avons provoqué, afin de faire un point sur l'avancement du projet, une réunion du conseil de village demain « au petit soir » (vers 16h30). Nous participerons à celui-ci sous l'arbre à palabres après avoir offert des noix de kola comme il se doit. A l'issu de ce conseil devrait nous être présenté le bornage définitif de l'emplacement réservé au dispensaire-maternité. Selon les plans entrevues chez le sous-préfet, un hectare est réservé pour celui-ci. Ouah ! On y voit aussi la possibilité d'extension future. Vous n'avez pas fini d'être sollicités.
On va demander au village de l'arborer pour y amener de l'ombrage.
Un petit clin d'oeil en passant à nos copines couturières.
Un autre aux fanas de belles voitures....
Ala ka dougou nou mandié (que la nuit vous soit agréable).