Les derniers évènements dramatiques survenus à Niamey le week-end dernier nous ont, bien sûr, interpellés avant notre départ vers le Mali. A écouter notre Premier Ministre, les pays du Sahel présentent trop de risques pour continuer à y aller. Les tours-opérateurs, dont la responsabilité pénale est engagée parait-il, ont tous annulé leurs prestations là-bas.
Inconsciemment nous prenons, en France, des risques chaque fois que nous montons dans notre voiture ou que nous chevauchons notre moto. Quatre mille morts sur nos routes l'an dernier sans parler des dizaines de milliers de blessés dont certains restent handicapés toute leur vie. Statistiquement, 80 personnes sont mortes sur les routes de France durant la semaine qui vient de s'écouler. Les médias n'en parlent même pas. Nos gouvernants nous demandent-ils de laisser notre voiture au garage pour autant ?
Risque de se faire "dégommer" d'une balle traversant un pare-brise sur une autoroute en plein vignoble bourguignon comme le week-end dernier par exemple. Interdit-on la pratique de la chasse ?
Risque pris par les habitants du Var, dans la vallée de l'Argens en juin dernier. Certains en ont pris alors conscience en y laissant leurs biens ou leur vie. Je pourrais encore citer la pratique du ski hors pistes, etc.
En partant, nous savonsque nous prenons un risque, minime somme toute compte tenu de l'itinéraire que nous empruntons et de notre destination au Mali, dans la région de Bamako qui, à ce jour ne présente pas de risque particulier. Notre voyage serait touristique peut-être l'aurions-nous annulé, et encore. Mais il s'agit d'autre chose. Nous avons là-bas des amis qui nous attendent, avec qui nous avons élaboré un projet répondant à un réel besoin. Nos avons fait naître l'espoir, nous ne pouvons pas les décevoir.
Par ailleurs, si nous, les occidentaux, ne nous rendons plus là-bas nous laissons la place à Aqmi et aux intégrismes en tout genre et nous voyons à quoi celà a abouti en Afghanistan ou ailleurs. Ne laissons pas tomber nos amis du Sahel pour un simple "principe de précaution".
Donc nous y allons, en prenant toutes les précautions d'usage, discrètement et... Inch Allah !