Ce matin nous sommes allés voir Alou le handicapé qui fabrique des objets en récup. On lui a passé une commande la semaine dernière et il nous a indiqué qu'il éprouvait quelques difficultés à se procurer de la matière première. On a fait le tour de tous les troquets qu'on connait et on avait un plein coffre de Pajéro de canettes vides. On les lui a portées. Il était heureux.
Hier, nous avons passé la journée à Bamako avec Ibrahim. Le matin rencontre avec le toubib du centre de santé auquel est rattachée la maternité. Je devrais dire l'ancien toubib du centre car il a changé d'affectation mais il a souhaité nous rencontrer pour faire un point. Très sympa de sa part.
Après la rencontre avec le docteur Cissé, repas de midi au Bafing, un petit resto dans le quartier du fleuve. Puis petit tour sur le marché à côté où Françoise a trouvé de jolis boubous.
Marché Dibida pour une poubelle pour la maternité et enfin Grand Marché : ensembles en wax et en basin (orthographe française, bazin en Afrique) pour enfants, colliers, etc. Françoise s'est régalée à marchander. Les vendeurs aussi je crois.
Un peu éprouvant : chaleur (36°), poussière, palabres. Bref, la nuit fut très bonne.
Concernant la situation au Mali, tout le monde ici salue l’intervention de la France. Sans cela disent-ils, Bamako serait sous contrôle islamiste aujourd’hui. On parle aussi beaucoup en ce moment dans les médias occidentaux des exactions commises par l’armée malienne. C’est très possible mais ce qui m’étonne c’est que la FIDH qui soulève aujourd’hui le problème ne s’était pas émue lors du massacre à l’arme blanche, en janvier 2012, de près d'une centaine de soldats maliens à Aguelhoq dans le l'extrème nord du Mali. Certains hommes auraient-ils plus de droits que d’autres ?
On peut comprendre, sans les excuser pour autant, que le sentiment de vengeance soit très fort chez certains et que des dérapages aient eu lieu.
Ce qui semble plus préoccupant c’est la situation sanitaire des populations des villes et villages du nord en cours de libération : l’approvisionnement en vivres est défaillant, les islamistes en s’enfuyant détruisent les infrastructures de communication, ils emportent avec eux les médicaments des centres de santé, le carburant permettant le fonctionnement des centrales électriques et des stations de pompage de l'eau,… Espérons que la reconquête soit rapide afin que la région retrouve rapidement un fonctionnement normal.
Bon. Nous concernant, tout va bien. Nous continuons à « buller » à Bamako. Mais cette fois c’est décidé : lundi nous nous installons au village. Fini la rigolade, au boulot !
Avant de vous quitter pour ce soir, un petit clin d’œil cynique : Françoise et Marijo sont parties tout à l’heure faire un tour de marché. Loockez la photo ci-dessous : elles ne se préoccupent pas de la « petite laine » à prévoir pour le retour.