Je vous ai laissé à Nouakchott jeudi dernier. Depuis j'ai retrouvé mes compagnons de voyage et Françoise. Nous avons poursuivi le voyage en quittant la côte atlantique, direction plein est dans le sud mauritanien en direction de Kiffa où nous avons bivouaqué à l'auberge « le phare du désert » vendredi soir.
Samedi une journée éprouvante nous attendait jusqu'à la frontière avec le Mali. On commence par 140 kms d'une route totalement dégradée. Les 30 – 40 premiers kilomètres se font sur une piste doublant la route en réfection. Pas très roulante et poussiéreuse. Les cent kms suivants sont sur un goudron constellé de trous énormes entre lesquels on slalome. Quand on peut on roule deux roues sur le goudron deux roues dans la terre en bord de route. Je ne vous dis pas comment les passagers de la Ford Escort ont soufferts, hein Marijo et Jacky ? Cinq heures pour 150 kms. Ensuite la route est meilleure encore que par endroit entièrement défoncée par des poids lourds en surcharge. Mais Jojo a du vous raconter tout ça sur son blog. En fin d'après-midi passage de la frontière à Nioro de Sahel sans encombres. Ca y est, on est au Mali ! Je dis sans encombres mais pas sans mauvaises nouvelles. C'est à ce moment que notre ami Jojo apprend que sa maison de Bourdax dans les Pyrénées ariègeoises, celle où nous avions rendez-vous au début du voyage, a été entièrement détruite par le feu. Quand je vous dis que ce voyage est placé sous le signe de la poisse. Pour plus de détail lire son blog.
On passe la nuit à Nioro dans un centre d'accueil du programme pour une autre agriculture (de mémoire...).
Dimanche, dernière étape du voyage : 440 kms sur une route très roulante, sans difficultés. On fait la grasse matinée, on est pas pressé. Départ à 8h30, on sera à Bamako dans l'après-midi. Et là, quand on touche presque au but, il fait beau, les moteurs ronronnent, on sifflote…. re-patatras. Le moteur du Pajero commence par émettre un petit bruit bizarre puis perd petit à petit de la puissance et enfin n'a plus du tout de puissance. Arrêt. Il tourne sur trois voire deux pattes. On décide de stopper les frais, on sort une sangle, on l'accroche derrière le fourgon Peugeot et en route jusqu'au prochain village : Diéma au carrefour des routes de Nioro, Kayes et Bamako. Il reste 345 kms avant Bamako. Renseignement pris auprès d'un douanier de la brigade locale : il n'y a pas de mécano digne de ce nom dans cette ville. Une expérience passée me dissuade de confier le véhicule à n'importe quel « bricoleur ». Je décide donc d'appeler Ousmane le mécano de Bamako qu'on connait depuis 2003. Il est 11h. « Pas de problème, rappelez-moi dans 10 mn, je trouve un 4x4 pour vous prendre en remorque jusqu'à mon atelier ». On casse une petite graine avec les copains puis ils reprennent la route sans nous. Attente à l'ombre, il fait 40°,en compagnie des douaniers puis des pompiers, puis à nouveau de la vendeuse de nourriture et de boissons sur le bord de la route. Enfin, à 16h30 un Land Cruiser Toyota au volant duquel on reconnaît notre ami Ibrahim accompagné de deux jeunes mécanos de chez Ousmane. Après un petit « brunch » (ils sont partis sans manger) on redémarre vers 17h et c'est parti pour 5 heures de rodéo. A 100/120 km/h à 2 mètres du cul du Toyota accroché par une sangle. Au volant du Pajéro, Yacou le jeune mécano. Un véritable virtuose soit, mais par moments ça fout la trouille. Et encore, de jour ça peut aller, mais la nuit arrive vite. Je pense que l'expérience des rallyes auto avec Xavier m'a permis de ne pas devenir vert.
Françoise était avec Ibrahim dans le Toyota. On s'était mis en liaison radio par talkie-walkies. Ca aide. Arrivée à destination à 22 heures, ouf ! Une bonne nuit chez Victor une journée au calme pour récupérer. Demain sera un autre jour. Mais tout va bien, on est comme chez nous au Mali.
Ousmane a déjà ouvert le moteur et a identifié la rupture de deux culbuteurs d'admission. Après remontage il restera à vérifier le turbo : il a relâché pas mal d'huile semble-t-il. Ce n'est pas forcément grave mais ça reste à confirmer.
Kambé (à plus tard en bambara).