Aujourd'hui, comme partout dans le monde, c'est la fête du travail. En France c'est l'occasion pour les syndicats de rassembler leurs troupes autour de revendications en organisant des défilés avec banderoles et slogans.
A Bamako « on fête le travail ». Les corporations défilent pour montrer leur savoir-faire avec des véhicules décorés. On porte le bazin riche, on se montre mais on ne revendue pas. Paradoxe d'un pays où le taux de chômage est si important ?
Il valait mieux ne pas avoir à circuler dans Bamako.
Nous sommes allés à N'Toniba, le village d'origine de Matthias ou plus exactement au centre de formation des catéchistes du diocèse de Bamako géré par des pères blancs. Ce centre se trouveà peu de distance du village et nous avons pensé nous installer là quelques jours afin de vivre au village sans être contraints à des aller-retours incessants. De plus cet endroit est planté d'une végétation importante qui apporte une fraicheur de bon aloi.
Le père Godina, d'origine italienne, nous a cordialement accueilli et nous fait préparer une chambre à partir de mardi. Nous pensons y rester quatre jours au cours desquels nous serons loin d'internet et du téléphone mais à deux pas de N'Toniba que nous pourrons découvrir autrement que par de courtes visites. Nous serons également tout près des énormes manguiers de Massamba. La récolte des fruits mûrs bat son plein en ce moment. Mmmm....
Nous nous sommes ensuite rendus au village de Sébénikoro à quelques kilomètres de piste de là où Kadiatou et son mari Fadjigui ont leur maison. Lors de notre dernier voyage en septembre-octobre dernier Françoise s'était engagé, si Fadjigui fabriquait les briques d'argile nécessaires, à financer les tôles pour la couverture d'une maison étanche à la pluie. En effet, nous avions été bouleversés par le fait que, à la dernière saison des pluies, l'intérieur de l'habitation était mouillé l'eau tombant la nuit sur les enfants et leurs parents par les fuites à travers la paille. Les effets et les denrées étaient trempées.
En arrivant un alignement de briques confectionnées et séchées nous indiquait que Fadjigui avait rempli sa part du « contrat ». Restait à assumer la nôtre. Le maçon fut convoqué ainsi que le menuisier pour la toiture. Rapidement un « devis » fut établi et un plan d'action arrêté. Avant l'arrivée des prochaines pluies en juin Kadiatou et sa famille devraient être au sec. Il en coûtera à Françoise 400 euros, somme dérisoire en France mais permettant tellement de choses ici.